SENSEI UESHIBA
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Ô SENSEI MORIHEI UESHIBA
'FONDATEUR DE L'AIKIDO'

Né le 14 décembre 1883 à Tanabé, Morihei Ueshiba étudie le Confucianisme et le Bouddhisme dés le plus jeune âge. Il est initié aux techniques de visualisation par son maître, un prêtre shingon du nom de Mitsujo Fujimoto qui plus tard lui décerne un certificat : le sceau d'accès au Shingon (bouddhisme tantrique du Japon aux origines indiennes).

Le père de Morihei, voyant cet attrait pour le mysticisme, le dirige vers la pratique du sport, dont notamment le Sumo, afin de le renforcer physiquement.

Par la suite, Morihei Ueshiba accomplit ses études brillement mais l'attrait pour les arts martiaux le conduit vers l'âge de 19 ans, à la pratique du jujutsu style Tenshin Shin'yo et du sabre de l'école Ryu Shinkage.

Puis, atteint du béribéri, il retourne dans son village où il épouse Hatsu Hitogawa. La guerre entre la Russie et le Japon s'annonçant, il fait en sorte d'être enrôlé et démontre alors une grande habileté à la baïonnette.

Pendant cette période militaire, il passe son temps libre au dojo du maître Masakatsu Nakai où il étudie le jujutsu du Yagyu Ryu ainsi que l'art du sabre et de la hallebarde. En 1908, il obtient la licence d'enseignement de l'école Goto-ha Yagyu Ryu.

Suite à cela, il rencontre un personnage important du nom de MINATAKA, grand défenseur de la nature, avec lequel il participe à la défense des temples de Wakayama. L'influence de Minataka encourage Morihei Ueshiba à de hautes ambitions telles que l'implantation de 84 personnes à Shirataki, lieu sauvage de l'île d'Hokkaïdo. Pendant cette aventure, il pratique intensément le misogi (purification physique et spirituelle), travaille dur physiquement, organise des combats de sumo et de baïonnettes et règle certains problèmes avec des bandits.

C'est également à cette période que Morihei Ueshiba fait une autre rencontre très importante pour son évolution dans le monde des arts martiaux : SOKAKU TAKEDA (1860 - 1943). Cet homme, originaire d'une famille de combattants, est reconnu comme étant le plus grand maître d'arts martiaux de son temps. Ayant acquis, lors de ses combats dans les dojos et dans la rue, une technique parfaite doublé d'une synchronisation impeccable des gestes et un contrôle de son mental lui permettant de maîtriser la force du KI, il créa le DAITO RYU AIKIJUTSU.

Morihei Ueshiba devient donc l'assistant de Takeda en 1915 et bénéficie alors d'un enseignement privé de grande qualité qui le conduira vers l'obtention d'un certificat de maîtrise du Daïto Ryu en 1922.

Son père mourant, Morihei Ueshiba repart en 1919 vers son village de naissance mais rencontre en chemin ONISABURO DEGUCHI, chaman shinto et chef la secte Omoto Kyo pratiquant une nouvelle religion axée sur la théologie cosmique et les techniques de méditation. Cet homme s'avère décisif dans l'orientation de la pratique martiale de Morihei Ueshiba, et ce dernier le rejoint en 1920 devenant par la suite son garde du corps et s'adonnant à la pratique du Shintoïsme. A cette période, Morihei pratique intensément à mains nues et s'exerce également au sabre et à la hallebarde. C'est aussi en 1920 qu'il perd ses deux fils. S'ensuivra en 1921 la naissance de Kisshomaru, son troisième fils.

Vers 1922 apparait le Ueshiba-ryu aiki-bujutsu, une discipline plus spirituelle fondée sur l'étude du Kotodama (pouvoir spirituel attribué à la langue japonaise, se rapprochant des mantras bouddhiques) brisant les barrières entre l'esprit, l'âme et le corps et s'éloignant des traditions du yagyu-ryu et du daito-ryu jujutsu.

La proximité de Morihei Ueshiba et Onisaburo Deguchi les conduisent en Mongolie ou ils sont faits prisonniers, condamnés à mort mais sauvés in extremis. De retour, Morihei Ueshiba est un nouvel homme duquel émane une aura très puissante et qui s'adonne à des rites ascétiques de yamabushi (prêtre bouddhiste). Il s'intéresse aussi à la pratique du Sojutsu, technique de la lance.

Suivant cette période, on attribue de nombreux faits à Morihei Ueshiba tels que dévier à mains nues toutes les attaques d'un maître de kendo en 1925, ridiculiser le grand judoka Nishimura et mettre au sol le lutteur sumo Tenryu en utilisant un seul doigt en 1939. Autant de faits auxquels se greffe la faculté pour O Senseï de visualiser les attaques de ses adversaires.

En 1931, c'est l'ouverture du Kobukan, le dojo de l'enfer comme on l'appelle à cause de l'entrainement intense, qui sera malgré cela gratifié du statut de "Formation Reconnue par le Ministère de la Santé et de l'Hygiène" en 1940. En 1941, l'Aikido prend sa notoriété et n'aura de cesse de se développer jusqu'à nos jours.

O Sensei fera de nombreux voyages pour faire connaître son art et n'aura cesse de progresser tout au long de sa vie. Au fil du temps, la pratique de Morihei Ueshiba passera de martiale à pacifique, de Aikibudo à Aikido faisant de ce personnage un maître hors du commun ayant inclus une vision plus spirituelle axée sur le flux énergétique de l'univers remettant ainsi en cause tous les fondements ancestraux des arts martiaux. C'est en 1969 que le "Maître" nous quittera.